Rouge Bleu, Parole de la matière

Pol Pierart, Jean-Luc Petit et textiles Bakhnougs

Du jeudi 20 janvier au dimanche 6 mars 2022 Abattoirs de Bomel / Centre culturel de Namur
Du mardi au dimanche de 14h à 18h
Bakhnoug © Olivier Cornil

Regard croisé entre le Bakhnoug, textile traditionnel berbère et l’art contemporain. Ou quand le geste s’établit dans la matière pour mieux s’installer dans le temps.

Bakhnougs : textiles berbères issus de la collection privée d’Hélène van Spaendonck
Pol Pierart : peintures
Jean-Luc Petit : installation
Commissariat : Denise Biernaux / Les Drapiers, Galerie d’art contemporain à Liège
Scénographie : Jean-Luc Petit

Du 20 janvier au 6 mars 2022, le Centre culturel de Namur consacrent une grande exposition aux Abattoirs de Bomel à l’un des éléments centraux de la culture tunisienne, le bakhnoug. Ce textile monochrome, souvent rouge ou bleu, accompagne les femmes berbères tout au long de leur vie. Sous le commissariat de Denise Biernaux (Les Drapiers), l’exposition « Rouge Bleu, Parole de la matière » confronte de façon inédite le bakhnoug à deux autres ensembles de création. D’une part, Pol Pierart peint des toiles libres, presque monochromes, traversées par des anagrammes lourdes de sens. D’autre part, Jean-Luc Petit empile des pierres calcaires de Meuse extraites d’une carrière proche marquées par le temps et l’homme.

Tisser le bakhnoug, ce voile caractéristique berbère, n’est pas tâche facile. La jeune fille tisse la laine blanche avec des insertions de motifs en coton blanc. La richesse des symboles abstraits, ainsi que la couleur du bakhnoug teint aux diverses étapes de la vie de la femme, construisent un univers symbolique singulier, racontant de façon discrète la perception de vie d’une personne, à travers le geste d’artisanat. Ce geste par la répétition infinie de mouvements maîtrisés, opère une accumulation de perceptions qui, bien que minimes et inconscientes, sont porteuses d’une incroyable richesse et profondeur de sens. L’artisanat, lié aux besoins humains, orne, embellit l’existence et crée du sens à travers son geste. Ce dernier, par son ancrage primordial à la matérialité, fonctionne en quelque sorte comme un rappel de notre propre état originel : notre corporalité nous lie aux mêmes cycles de vie. Ainsi, l’artisanat agit comme un rappel d’humilité, puisque notre matérialité ne peut pas échapper à cet inévitable horizon de finitude et de résurgence.

Déchiffrer le symbolisme des motifs d’un bakhnoug, c’est suivre un « fil disparu » qui nous guiderait vers une vision de vie personnelle. Examiner attentivement les fils qui tissent chaque bakhnoug, c’est rechercher la cosmothéorie, les ambitions, les peurs et les croyances d’une femme individuelle, qui s’alignent sur une généalogie vaste de gestes et de symbolisations féminines remontant à l’aube de l’humanité.
En considérant le bakhnoug comme le psychogramme d’une vie, un code symbolisant hors du langage, ne pourrait-on pas en dire de même des deux autres gestes artistiques réunis dans cette exposition ?

Les peintures de Pol Pierart s’imprègnent du geste et des mots. L’artiste accorde beaucoup d’importance à la matérialité de la toile recouverte à répétition de peinture de façon à préserver le geste évident. Aussi, son usage particulier du langage – corriger, effacer, transformer – renvoie au mouvement tumultueux du vivant et active des anagrammes profondément attachées à notre condition humaine.

L’ensemble est complété par l’installation de Jean-Luc Petit qui empile des pierres, extraites d’une carrière de la région, découpées et façonnées par la main humaine. Un jeu double se construit : une référence aux formations géologiques portant des fossiles incrustés d’autres cycles de vie disparus, et un lien au lieu – les carrières voisines – dans une mise en évidence discrète d’une rencontre inextricable entre l’art, la vie et le travail manuel.

Infos pratiques

QUAND Du jeudi 20 janvier au dimanche 6 mars 2022
VERNISSAGE Le mercredi 19 janvier à 19h (sur inscription)
ACCESSIBLE Du mardi au dimanche, de 14h à 18h
Abattoirs de Bomel / Centre culturel de Namur
TARIF Gratuit
INFOS & INSCRIPTIONS info@centrecultureldenamur.be / +32 81 25 04 03

REMARQUES
🔵 Le Covid Safe Ticket (CST) est d’application
LE PLAN B (espace d’accueil / bar / infos) sera ouvert

En images

Rencontre avec Paul Vandenbroeck

À la jonction entre l’art, l’artisanat, la vie et le travail manuel

Historien de l’art, professeur à la KUL, mais aussi collaborateur régulier du Musée Royal d’Anvers, Paul Vandenbroek est le curateur de l’exposition Borderline au Palais des Beaux-arts de Bruxelles en 2000. De par cette exposition est né sa publication Azetta, l’art des femmes berbères.

Paul Vandenbroek a toujours été passionné par cette relation entre les pratiques artisanales de différentes cultures et les créations contemporaines. En effet, cette passion se traduit par ses nombreuses curations dont, notamment, l’exposition-performance Il Bahknoug, un libro tessuto au Centre d’art contemporain de Florence (2015) mais aussi Qui m’a tissé le souffle ? au musée Texture de Courtrai (2016).

La rencontre sera introduite par Denise Biernaux, directrice du Centre d’art contemporain Les Drapiers et commissaire de l’exposition Rouge Bleu, Parole de la matière.

Au cours de cette conférence, Francis Tourneur, secrétaire général de l’ASBL Pierres et Marbres de Wallonie, interviendra également. Il nous éclairera, en filigranes de l’installation de Jean-Luc Petit, sur les pierres calcaires de la Meuse constituant l’installation de l’artiste.

À la jonction entre l’art, l’artisanat, la vie et le travail manuel. C’est le fil rouge de cette soirée et de l’exposition.

Rouge Bleu, Parole de la matière est une grande exposition consacrée à l’un des éléments centraux de la culture berbère et plus particulièrement tunisienne : le bakhnoug. Ce textile monochrome – souvent rouge ou bleu – accompagne les femmes tout au long de leur vie. Ces bakhnougs dialoguent ici avec d’autres œuvres : les toiles libres presque monochromes et traversées par des anagrammes lourdes de sens de Pol Pierart, mais aussi le travail de Jean-Luc Petit qui empile des pierres calcaires de Meuse extraites d’une carrière marquées par le temps et l’Homme.

QUAND Jeudi 17 février 2022 à 19 h
DUREE 1h30
 Abattoirs de Bomel / Centre culturel de Namur
PUBLIC Tout public
TARIF Gratuit sur inscription
INFO ET INSCRIPTION info@centrecultureldenamur.be / +32 81 25 04 03

Soutiens et partenaires

Bientôt aux drapiers

Impossibles réparations

Tatiana Bohm

Du samedi 8 octobre au samedi 19 novembre 2022
Ouvert du jeudi au samedi de 14h à 18h
Par un biais métaphorique, 3 installations participatives mettent en scène l’extraction des ressources de matières premières. Les matériaux utilisés sont sujet, medium, et support aux mécanismes actionnés par les visiteurs qui rejouent le pillage, puis tentent la réparation des dégâts causés pour ensuite s’essayer à reconstruire ensemble autrement. Vernissage le... Toutes les infos
Bakhnoug © Olivier Cornil