Emprunté à la transparence d’une forêt sans rose

Pierre Gerard

Du samedi 11 mai au samedi 22 juin 2019
Ouvert de 14h à 17h du jeudi au dimanche
Pierre Gerard, Kaas, technique mixte, 8,8 x 8,6 x 8,4 (position variable), 2018.

Né en 1966, Pierre Gerard vit et travaille à Liège. Dans sa production se mêlent sculpture, peinture, et installation.

Il réalise des objets-sculpture, véritables petites architectures ayant comme particularité d’être constituées d’éléments en carton, bois, plâtre, cuir, textile… que l’artiste glane au hasard de ses déambulations. Tant la forme que la matière l’inspire. L’ensemble est ensuite longuement travaillé et parfois installé dans un contenant en bois, en plastique ou en verre. Ces petits volumes demandent qu’on s’y attarde, que notre regard s’y habitue pour mieux s’y perdre et en capter toute la poésie.

Sa production picturale, figurative ou abstraite est volontairement limitée. Pour les compositions monochromes, la peinture à l’huile adjointe de cire d’abeille est déposée sur le carton en de grands aplats colorés d’apparence velouté.

Les peintures figuratives, « images volées » comme il les nomme, nous interrogent sur le traitement et la valeur des images aujourd’hui.

Depuis le milieu des années 90, Pierre Gerard fait l’objet d’expositions tant privées que collectives et est présent dans de nombreuses collections.

L’exposition aux Drapiers donne à voir une sélection d’œuvres datant de 2000 à 2019, entre la peinture et l’objet.

Texte de Christophe Veys

Pierre Gerard est aux Drapiers et que ce lieu lui va bien !

À la vitrine, il intrigue. Dès la première salle, il convainc: les peintures figuratives en grisaille, le monochrome jaune ardant et ces prodigieuses sculptures. À l’instar du poète Francis Ponge, Pierre Gerard s’attache aux petits riens qui jalonnent nos existences. Mais lui les détourne, les assemble. Rassembler, faire que cela tienne. Rien de plus objectif si l’on songe à une volonté d’unir des choses. Faire tenir est tout autant objectif que subjectif. Chez lui, il faut que cela tienne. Cela peut prendre quelques minutes mais le plus souvent, cela prend des années. Rien n’est plus délicat que sa façon d’agencer des éléments perçus comme disparates. Observons les bien! Le recours à des matériaux naturels (bois, sable, feutre, cuir, éléments organiques …) est omniprésent. De même, le dialogue entre stabilité et déséquilibre, entre compact et fragile. Le travail de Pierre Gerard ne serait-il pas une nouvelle réponse à la question posée par Alphonse de Lamartine :

« Objets inanimés, avez-vous donc une âme
Qui s’attache à notre âme et la force d’aimer ? »

Traverser la cour, c’est vivre le réel qui tout à coup se pare d’échos au travail de l’artiste. On y voit des escargots, on vit avec force les formes colorées qui ponctuent les fenêtres, le plan d’eau devient lui aussi monochrome.

Dans les deux dernières salles, le rapport s’inverse, les peintures dominent. Celles, figuratives où les êtres isolés semblent perdus, égarés, mais sont toujours créatifs.  L’un se construit une identité au genre mouvant alors que l’autre rassemble divers éléments afin de créer une embarcation. Et puis cette nouvelle série de monochromes. Vivants, joyeux, déterminés et pourtant, si l’on y regarde bien, débordants (ici par le gras de l’huile, là par des lignes de crayon). À leurs côtés, une peinture d’un bloc de marbre presse-papiers stabilisateur et comme pour rouvrir le débat une sculpture complexe, énergisante où la géométrie de bâtonnets de bois rencontre le sable et les courbes d’un outil de tracés d’architectes.

Rencontrer son œuvre, c’est faire cette expérience sensible de constater que cela tient comme un poème. Mélange improbable de réel, de magie et d’un savoir-faire à l’apparence anodine.

Christophe Veys – mai 2019

Actuellement aux drapiers

[Au⁷⁹] – Textures patrimoniales

Daniel Henry

Du samedi 12 octobre au samedi 14 décembre 2019
Ouvert de 14h à 18h du jeudi au samedi et sur RDV
Les Drapiers ont toujours illuminé les éditions d’Europalia avec des projets originaux (Miao de la tête aux pieds – Europalia Chine en 2009 ; l’installation de Srinivasa Prasad –  Europalia India en 2013 ; Ikat – Batik, Réserves de sens – Europalia Indonésie en 2017). Pour cette édition, la galerie invite Daniel... Toutes les infos

Philharmonie au CWAC

Du samedi 16 novembre au mercredi 11 décembre 2019 La Chataigneraie
De 14h à 18h (17h le mardi). Fermé les lundis, jeudis et jours fériés.
La galerie présente, sous son ancien patronyme Philharmonie, une sélection d’œuvres à l’exposition Le Temps des commissaires au CWAC. L’occasion de voir ou revoir des merveilles… Plus d’infos sur le site du CWAC Toutes les infos
Pierre Gerard, Kaas, technique mixte, 8,8 x 8,6 x 8,4 (position variable), 2018.