La longue marche (une fugue)

Jean Pierre Müller

Du samedi 9 janvier au samedi 20 février 2021
Ouvert du jeudi au samedi de 14h à 18h et sur rendez-vous

L’exposition inédite est une rare occasion de découvrir en Belgique l’œuvre de ce plasticien de renom international, dont une installation permanente dans la grande rotonde de l’AfricaMuseum de Tervuren, réalisée avec Aimé Mpané, a été très remarquée depuis quelques mois.

Jean Pierre Müller occupe les 4 salles des Drapiers avec 24 œuvres récentes encore jamais exposées. Parmi celles-ci, des installations de grand format et hautes en couleurs, composées d’une superposition de voiles imprimés, mixant des images de la Grande Histoire et d’histoires intimes. Ces tableaux immersifs sont ponctués de nombreux portraits.

Chaque salle est un univers, interrogeant entre autres, la question de la migration ou le statut des minorités. Les visiteurs pourront également découvrir des sérigraphies sur papier, des dessins ou encore des peintures. Une exposition de haut vol, à ne pas manquer à la rentrée.

Rencontre avec Jean Pierre Müller

L'échappée belle

Cette longue marche c’est celle de l’espèce humaine, ses processions, ses retraites, ses conquêtes, ses transhumances et deux enfants qui regardent passer le cortège. (…). La longue marche de Jean Pierre Muller est une statue qui danse.

Bertrand Burgalat

(…) C’est aussi cela que pointe le travail : une forme de concentration à veiller à la mémoire du monde dans tout ce qu’elle a de délicat, de précieux mais aussi de violent, d’horrible. Le tour de force réside donc à nous donner autant de plaisir à le contempler qu’à nous questionner sur ces histoires.

Christophe Veys

L’exposition aux Drapiers s’inscrit dans la continuité – en développement, en mutation – d’un body of work, d’un corpus, né d’abord au sein du projet 7×7 : 7x7project.com

7×7 est une collaboration protéiforme avec sept des musiciens que je considère comme les plus influents, pour le monde comme pour mon histoire propre. S’ouvrant tant à des déploiements muséaux monumentaux (comme la création d’une 7x7th Street au Summerhall d’Edimbourg), à des installations globales, façon Gesamtkunstwerk (la création d’un « nouvel Alhambra » à WhiteBox New York), à des spectacles scénographiés (comme les « Indigo Nights » avec Nile Rodgers »), 7×7 est une grammaire permettant d’infinies explorations.

De ce projet fondamentalement collaboratif est née subrepticement « La longue marche », qui, tout en reprenant des éléments de la grammaire 7×7, m’a permis de confronter mes obsessions quant à la longue marche de l’humanité, et la présence constante, pertinente, insistante, de l’Histoire, et des histoires, dans le monde d’aujourd’hui.

Le prélude à cette « Longue Marche » a été dévoilé en 2018 à Londres (FiveYears). C’est à travers ce projet que le matériau textile a commencé à occuper une place centrale dans mon expression artistique. Mon travail a toujours fait écho aux complexités du monde et de ses multiples vérités, en s’écrivant en couches multiples, tantôt nettes, tantôt brouillées. Le textile, matériau souple et riche d’histoire, avec ses infinies possibilités de modulation des transparences, opacités, profondeurs et nuances, devait fatalement s’imposer un jour à moi.

Les questions et perspectives offertes par le voilement et le dévoilement, les chocs sémantiques et poétiques offerts par la combinaison et la rencontre d’images par superposition, voilà qui m’a rendu cruciale la rencontre du matériau textile et de ma longue pratique de la sérigraphie. Un vaste champ de possibles parfaitement illustré par RE/STORE, l’installation permanente dans la grande rotonde de l’AfricaMuseum de Tervuren réalisée en collaboration avec l’artiste congolais Aimé Mpane. La superposition de voiles semi-transparents, porteurs d’une « image-écho » contradictoire, aux seize immenses statues coloniales et racistes de la rotonde centrale du musée, permet au choc sémantique évoqué d’opérer – et laisse au spectateur autant de possibilités de dévoilements. Plutôt que d’effacer la mémoire en détruisant des monuments controversés, nous avons voulu la charger d’une couche souple, complexe, ouverte au dialogue – et à des ajouts postérieurs.

« Prélude, fugue et variation » est une composition merveilleuse de César Franck – grand Liégeois devant l’éternel. Il y reprend les trois formes fondamentales mises en place par Johann Sebastian Bach. Si « The Long March (A Prelude) », présentée en 2018 à Londres, a constitué l’introduction du récit de marches et migrations superposées, « La longue marche (une fugue) », qui se répand dans les Drapiers en ce début 2021, nous plonge au cœur d’un récit qui est aussi celui d’une fuite éperdue (la fugue en question) – tragique fuite en avant, peut-être, mais aussi bienvenue évasion. Le lieu, par sa magie, permet un déploiement qui devient lui-même une longue marche, une échappée belle… d’autant qu’il s’agit donc ici de ma première exposition solo en Belgique depuis neuf ans.

Jean Pierre Müller

 

Présence de l’artiste les samedi 9 et 23 janvier

Capsules vidéos réalisées avec le soutien de Dérives ASBL

 

En images

Fugue #1

Fugue #2

Fugue #3

Actuellement aux drapiers

Topiaires

Justine Van Impe

Du lundi 1 août au mercredi 31 août 2022
En vitrine
« Créer des objets qui évoquent une sensation de bien-être, d’amusement partagé, de plaisir visuel et tactile, tel est mon projet. D’abord intéressée par la technique du pompon, boule textile tenue juste par un fil, j’ai une réelle fascination pour l’art topiaire, cet art du paysage basé sur la taille sculpturale... Toutes les infos