Marianne Reding

dans le cadre la fête de la gravure

Les Drapiers vous invitent au vernissage de l’exposition de Marianne Reding

vernissage le samedi 18 mars à 16h

Exposition du 17 mars au 6 mai 2017

Présence de l’artiste les samedis 18,25 mars,
les 1,8,22 avril et le 6 mai

dans le cadre la fête de la gravure

Les Drapiers vous invitent au vernissage de l’exposition de Marianne Reding

vernissage le samedi 18 mars à 16h

Exposition du 17 mars au 6 mai 2017

ouvert du jeudi au samedi de 14 à 18h et sur rendez-vous

accès libre

Toutes les infos sur la biennale : fete_gravure_2017

En images

Texte de Cécile Vandernoot

Dans sa recherche graphique, comme dans précédents travaux de la maille et accessoires de prêt-à-porter, Marianne Reding établit une équation parfaite entre stabilité et rythme, coloris, formes et matières. Avec l’intuition comme mode de pratique et la technique de la sérigraphie, elle parvient dans chaque impression à trouver un équilibre qui lie couleurs et géométries à leur support, la surface texturée du tissu.

Les premières pièces exposées convoquent un motif élémentaire : la rayure. Les tissus de grand format sont rythmés par la multiplication de lignes. Le tissu d’origine devient figure de fond et reste en partie visible, il participe même à ce rythme mis en place. Par ailleurs, les moyens pour parvenir au motif ne sont pas non plus dissimulés : le cadre de sérigraphie que l’on peut encore entrevoir, délimitant les impressions, forme une autre strate dans la lecture de ces portées. Entre les lignes, les interstices sont tout aussi importants que les bandes colorées qui se superposent et forment une trame. Le tissu laissé brut est perçu tel une première couche, à laquelle s’ajoutent les bandes de largeurs variables selon une répétition réfléchie, néanmoins capable de créer des surprises : les couleurs se recouvrant générant des nuances inattendues. Imprimer avec une couleur matte, irisée, ou laissant apparaître par transparence les premières couches sérigraphiées n’est pas sans rappeler ce que peut produire de fortuit le tissage par des fils entrecroisés. Même dans leurs alignements les rayures viennent à se superposer. Une couleur ajoutée en chasse une autre, certaines s’additionnent. Tout en finesse, ajustements et raccords, la composition joue de ces chassés-croisés. Occuper la surface semble un choix synchronique de composition et décomposition.

La démarche est similaire quand il s’agit de recadrer différemment un classique du textile tel que le motif du pied de poule. Sorte de dislocation d’un vocabulaire identifiable, les morceaux recadrés du pied de poule, multipliés et agencés sur une large toile vont aller bien au delà du motif. Cette complexification quitte la combinaison binaire et convoque d’autres images, des nuages ou une plaine, par exemple, camouflant la figure de départ. Cette interprétation d’une étendue céleste ou terrestre éclaire un autre aspect dans la démarche de Marianne Reding. Le point de vue de ce que l’on peut percevoir est bouleversé lui aussi, comme les codes du motif. Destinés à être suspendus au mur, les tissus sérigraphiés quittent toute dimension utile et domestique – on pensera à la nappe ou au couvre-lit – pour se rapprocher des tapisseries murales qui recouvraient les murs de prestigieuses demeures tels des objets d’ostentation.

Avec plus de simplicité apparente, alors que les passages en sérigraphie sont tout aussi nombreux voir même plus mesurés encore, d’autres pièces se concentrent autour de figures géométriques élémentaires comme le triangle ou le losange. Ces formes s’appuient sur un quadrillage délicat et discret. Le décalage est important, précise Marianne Reding. Sa précision l’est tout autant dans la composition. Les lignes ou les aplats de couleur – les motifs plus tard – entrent en résonance avec cette grille en second plan tandis que la pièce de tissu reste omniprésente, un fond assumé.

Les traits et les formes filaires évoluent progressivement vers des volumes. Leurs faces donnent des orientations, sujettes à exploration de motifs et de matières pour accentuer des effets de perspective dessinant des espaces proches d’un monde minéral. Le plus étonnant dans ce travail, alors qu’il ne reste pour ainsi dire qu’à la surface, subordonné par deux dimensions, c’est la profondeur que l’œil est capable d’y lire.

Cécile Vandernoot